Tous les trucs niaiseux que j’utilise pour vaincre l’insomnie

En temps normal, je n’ai jamais de problèmes à dormir. Je m’endors facilement quand je me couche, je dors dur et si je me réveille, je me rendors instantanément. Mais des fois, et en particulier depuis quelques mois, je me réveille 1, 2 ou 3 heures trop tôt et je suis incapable de me rendormir. Évidemment, ça affecte mon humeur le lendemain et c’est très désagréable.

Au fil des mois, j’ai commencé à essayer plusieurs trucs pour me rendormir. Beaucoup n’ont pas marché pour moi. Certains oui. Je veux donc parler aujourd’hui des trucs niaiseux que j’utilise et qui marchent pour moi. Évidemment, rien de scientifique ici. Et c’est possible que ça ne marche que pour moi. Mais si ça peut aider quelqu’un, tant mieux.

La Liste::

  • Si quelque chose me trotte dans la tête, volontairement me dire que c’est pas le temps de penser à ça, que c’est pas important, et que je vais y revenir demain matin.
  • Boire un peu d’eau, aller aux toilettes
  • Me lever, m’assoir tranquille. Attendre 2-5 minutes et retourner me coucher.
  • Petits exercices d’étirement très légers
  • Manger un petit truc. Toast au beurre de peanut. Des fois je me rendors pas parce que j’ai trop faim.
  • Écrire ce qui me trotte dans la tête. Par exemple, ce billet a été commencé à 6h du matin quand je ne dormais plus. (Évidemment!)
  • Couché, focusser sur chaque parties du corps, surtout les bras et les jambes et s’imaginer qu’ils deviennent vraiment mous et lourds.
  • Penser à des rêves, et s’imaginer dans un rêve. (Ça a l’air con mais c’est probablement le truc le plus efficace de cette liste!!)
  • Surtout pas aller sur les réseaux sociaux ou les courriels! C’est pas le temps d’être stressé avec ça!

Si vous avez des trucs niaiseux vous aussi, je suis curieux de les connaitre! 🙂

Le silence et les étoiles dans Station Eleven

Je suis en train de lire un lire un roman, Station Eleven, et ça me fait réfléchir à beaucoup de choses. J’ai précédemment parlé de la beauté du monde qu’on prend pour acquis. Aujourd’hui je parle d’un autre sujet.

Le bruit et le silence

Mon frère est présentement en voyage pour le prochain mois. Et moi je suis en vacance, donc je passe beaucoup de temps seul chez moi. Ce n’est pas quelque chose qui m’arrive souvent. D’habitude, quand ça arrive, je ne m’en rend pas vraiment parce qu’il y a toujours du bruit. J’ai l’internet et plein de projets personnels pour me garder compagnie. Pas de temps pour le sentiment de solitude. Mais là, comme je lis un livre, c’est une activité silencieuse qui m’éloigne du bruit de l’internet et de ses notifications constantes. Et ça me fait apprendre à apprécier cette déconnexion. Mais ça me laisse aussi un léger sentiment de solitude.

Par exemple, en ce moment, j’écris dans une app que j’ai commencé à utilisé récemment: Typora. Ça permet de mettre en full screen et de focus sur ce qu’on écrit. Ça me permet de cacher le reste de mon écran et ses milles distractions. Je réalise de plus en plus dans les dernier mois à quel point j’ai des problèmes d’attention. Mes yeux sont très attirés par les mouvements, les notifications, les sons. Ça fait que j’ai de la difficulté à compléter mes tâches à la job ou dans mes projets personnels. Je commence 75 trucs en parallèle. Je saute d’un à l’autre: commencer à faire de l’eau chaude pour du thé, l’oublier là pour aller répondre à un courriel, l’oublier là pour ajouter un truc à ma liste de choses à faire, avoir envie d’écrire un post sur Mastodon, tomber sur un article intéressant et le lire, refaire chauffer l’eau qui est rendu froide, nettoyer l’évier de cuisine, revenir à mon courriel. Je suis toujours en train de papillonner d’une activité à l’autre.

Et donc, avoir une app qui permet de tout cacher et rester focus, c’est vraiment pas une mauvaise idée!

Dans mon livre, les personnages ont beaucoup de temps à rien faire. Il n’y a plus d’internet pour offrir des distractions constantes. Il n’y a plus d’électricité pour faire plein de lumière la nuit, donc plus de pollution lumineuse. Ils peuvent regarder les étoiles. Quand il n’y a plus de pollution lumineuse, il y a soudainement pas mal plus d’étoiles dans le ciel.

Lire à propos de ces personnages qui vivent dans le calme et le silence, et être moi-même présentement dans mon appart calme et silencieux, ça me fait apprécier le moment.

Et oui, c’est sûr, ça vient avec un vague feeling de solitude, mais c’est pas si pire. Il faut savoir l’apprécier. Dans le livre, les personnages sont un peu forcé, et ils apprennent à vivre avec ça. Et ils trouvent le moyen de former des petites communautés pour ne pas être coincé tout seul. Le sujet de la solitude m’est un peu dans le tête depuis que j’ai vu le vidéo de Kurzgesagt sur ce sujet. Pas comme si c’était une mauvaise chose. Ça me fait juste prendre conscience que c’est ce feeling là. Je peux lui donner un nom. En petite dose, c’est correct. J’ai quand même la chance d’avoir plein de gens avec qui parler donc ça ne dure jamais très longtemps. Dans le livre, je pense que les personnages finissent par trouver un équilibre. Et ils reconstruisent leur vie avec ça.

C’est un bon livre, vous devriez lire ça! (et je devrais probablement faire un billet plus spécifique pour expliquer c’est quoi!)

Lire Station Eleven me fait réaliser que le monde est impressionnant

Je suis en train de lire un lire un roman, Station Eleven, et ça me fait réfléchir à beaucoup de choses. Je vais peut-être écrire plusieurs billets pour parler de tout ça. Voici un premier.

La beauté du monde

On prend plein de chose pour acquis, au point où on oublie la beauté de ce qui nous entoure et le travail incroyable et l’évolution du savoir et de l’expertise qu’il y a derrière. Dans le livre, les personnages doivent apprendre à vivre avec très peu et prennent conscience de toutes les choses qu’ils prenaient pour acquis. Des choses comme la distance qui nous sépare: quand on n’a plus de moyen de transport autre que nos jambes, on ne peut pas aller très loin. Une autre ville à 100 km de distance est un voyage de plusieurs semaines. Quand on n’a plus d’électricité et que nos téléphones et ordinateurs ne servent plus à rien, on réalise soudainement à quel point c’est impressionnant de pouvoir se connecter à l’internet et avoir accès à toutes les connaissances presque instantanément. À pouvoir parler instantanément à n’importe qui simplement en appuyant sur quelques boutons. Quand toute la structure économique disparaît, la moindre babiole devient un chef d’œuvre. Par exemple, un globe décoratif avec de la neige dans de l’eau. Une machine a transformé une feuille de plastique en petits confettis de neige. Quelqu’un a conçu et fabriqué cette machine. Une autre machine a fabriqué le globe en verre. Le verre a été extrait à partir de poussière de roches! Un humain a placé les globes dans une boîte de livraison. Un autre humain a transporté cette boîte dans un camion ou un bateau ou un train. Tout ça, on le prend pour acquis et on lui accorde à peine de valeur: on peut acheter ce genre de babiole décorative au magasin 1$.

On prend tellement tout pour acquis, et tellement vite. Même des choses qu’on n’avait pas il y a 10 ans!

Ces temps-ci, j’essaye de me débarrasser de Facebook et Google et de leurs services qui, oui, sont très pratiques et gratuits, mais qui ont un grand contrôle sur nos vie et ramassent toutes nos données pour les vendre et nous bombarder de pubs. Essayer de se débarrasser de Google, c’est accepter de vivre dans un monde un peu moins connecté. C’est perdre Google Maps et devoir utiliser des cartes moins détaillées. C’est accepter qu’on a moins de nouvelles de nos amis par Facebook et qu’on doive mettre plus d’efforts pour aller chercher ces nouvelles là. En les appelant au téléphone. En les invitant pour leur parler en personne. (oui, oui, j’y travaille!)

Pouvez-vous croire qu’on n’avait rien de tout ça v’là 10-15 ans? Maudit qu’on aime ça se créer des nouveaux problèmes!

Mise à jour invisible pour Lightbot

Dans la ligné « narF aime ça travailler pour rien », je pense que je viens de battre un record. Je viens de sortir un update pour Lightbot sur lequel je travaille depuis genre 8 mois. Et la beauté de cet update, c’est qu’il est entièrement invisible pour les joueurs. Mais derrière le rideau, à peu prêt tout le code a été réécrit.

Une mise à jour complètement invisible pour un jeu complètement sans gameplay!

Grosso modo, ce que j’ai fait, c’est que j’ai changé de librairie. Avant j’utilisais discord.io, où il fallait tout faire à la main, et maintenant j’utilise discord.js, qui est beaucoup plus stable. Ça vient aussi avec la librairie commando pour la gestion des commandes. Genre ça permet de faire des trucs plus complexe avec les commandes sans que j’aie besoin d’écrire plein de code pour faire ça.

On s’entend, c’est surtout un changement pour le futur. Et quand je dis « futur », je veux dire « peut-être… ou peut-être jamais ». I guess que c’était surtout un exercice d’apprentissage. Le code est quand même plus modulaire maintenant. J’aimerais transformer le jeu en bot pour Mastodon (et peut-être twitter? Ou Slack?) et les changements que j’ai fait sont un pas dans cette direction.

Il y a aussi une certaine beauté à travailler sur quelque chose de futile de manière compulsive. Comme les gens qui font des châteaux de sable. D’ailleurs, cette semaine, je pense aller à un mini gamejam où le « thème » c’est qu’on doit tout effacer ce qu’on a créé à la fin du jam. J’y vois une belle occasion d’apprendre un nouvel outil. Les objets créés disparaissent, mais les apprentissages restent!

Ça ressemble pas mal à 8 mois de travail invisible ça, non?

Oh well. Au moins ça me garde occupé. Ça me fait du bien.

Si ça vous intrigue, le projet est open source. Vous pouvez héberger le bot vous-même. Code Source sur git. Ou vous pouvez aller sur Discord pour l’essayer.

Questionable Content – Une BD qui fait du bien

Je ne me souviens pas quand j’ai commencé à lire Questionable Content. Ça doit faire 10 ans peut-être? La série existe depuis tellement longtemps! C’est incroyable qu’il continue de sortir une page par jour après tout ce temps!

J’essaye vraiment de me rappeler quand j’ai commencé à lire ça. Je sais pas pourquoi, j’ai l’impression que c’est important. Ça m’a accompagné durant tellement longtemps dans ma vie. Ça m’a appris des choses. Il y a tellement de personnages variés et d’histoires interpersonnelles, je pense que ça m’a appris des choses sur la vie, sur les gens.

extrait d'une page de Questionable Content

J’ai recommencé à lire la série à partir du début récemment, parce que j’étais rendu au point où j’avais tout lu ce qui était sortit et que j’en voulais plus. Donc j’ai recommencé du début. Et c’est sûr que c’est un peu choquant de voir le style visuel du début. Et j’avais oublié à quel point il se passe pas grand choses dans les premiers chapitres. Je pense que l’auteur avait encore un peu de maladresse aux niveaux des scénarios. Il aurait pu couper un peu pour augmenter la qualité. Mais en même temps, ça fait aussi parti du charme. L’histoire avance tranquillement, sans qu’il se passe quelque chose d’incroyable et d’exceptionnel à chaque minute. Comme dans la vraie vie.

Et de toute façon, ça se lit tellement vite, on ne voit pas le temps passer. On veut toujours lire une petite page de plus!

extrait d'une page de Questionable Content

C’est une série qui devient meilleure avec le temps. L’auteur s’est amélioré. Il a pris de la maturité. L’éventail des personnages s’est élargi et diversifié, ce qui mène à des histoires plus intéressantes. Les thèmes restent les même, on continue d’explorer les relations interpersonnelles et amoureuses, mais avec des personnages qu’on voit moins souvent, moins conventionnels et donc plus… vrai? Pas juste des jeunes. Pas juste des dudes. Pas juste des chicks sans personnalité. Pas juste des boring people ordinaire qu’on voit dans toutes les histoires.

Du moins, après les premiers chapitre! 😉

extrait d'une page de Questionable Content

Il à récemment sorti la page numéro 4000. C’est certainement un exploit. Félicitation!

extrait d'une page de Questionable Content

Si vous voulez lire ça vous aussi, voici un lien vers le début: début. Comme je disais, les premiers chapitres sont un peu lents, dont n’hésitez pas à sauter des pages, surtout quand ils se mettent à faire des insides jokes de musique qu’on comprends rien! Heureusement, ils font pu ça après un moment.

Une lampe en masque de face et l’importance de rester positif

Simone Giertz, connue sur l’internet comme la «reine des shitty robots», vient de sortir un vidéo où elle construit une lampe à partir du masque en métal qui recouvrait sa face durant son traitement en chimio (elle avait une tumeur au cerveau).

Alors, de un, c’est fucking badass!

Mais de deux, c’est très touchant comme vidéo. Elle qui a habituellement une vision très positive de la vie, on voit qu’elle a quand même de la misère à dealer avec tout ça. Mais elle réussi à rester assez positive, et à le prendre avec humour, mais sans non plus éviter de parler des choses difficiles. Un équilibre pas facile à maintenir, ça c’est sûr!

Elle parle aussi de l’importance de parler à ses amis et de demander de l’aide quand on est dans une situation difficile. J’imagine que c’est valide aussi pour des choses plus petite qu’une tumeur au cerveau! :O

Mon ami Fred, qui voyait les beaux côtés — Silver Lining

Trigger warning: suicide et autres choses tristes.

Image du vidéoclip Silver Lining de First Aid Kit. Les 2 chanteuses, de dos, regardent une peinture d'un orage dont les nuages noirs ont un contour lumineux.

J’ai appris l’autre jour qu’un de mes amis a mis fin à ses jours. Ce qui est un euphémisme poli de dire qu’il s’est suicidé. C’était un bon ami, même si je ne le voyais plus souvent dans la dernière année. Pendant genre 2-3 ans, je le voyais chaque semaine durant les cinq à sept de la job. C’était mon partenaire de bière, la personne avec qui je pouvais bitcher quand il y avait des trucs moches à la job, mais aussi une personne avec qui on pouvait parler des belles choses dans la vie. Il n’avait aucune gêne et aucun sujet était off limit avec lui. Pour moi, c’était parfois choquant, mais aussi plutôt libérateur.

Je me souviens en particulier d’une de nos dernières conversations. Il m’avait fait un lift jusque chez nous et on avait parlé dans l’auto. Arrivé devant chez moi, on a continué de parler pendant au moins deux heures, jusqu’à très tard dans la nuit. Il me racontait ses problèmes et je lui ai raconté les miens. C’était une époque où j’avais encore beaucoup de difficulté à parler de moi. Il était patient et compréhensif. Il m’encourageais là où j’avais des difficultés avec mes problèmes. Mais rapidement, notre conversation s’était élargie pour parler de choses positives et de comment les gens avaient souvent de la difficulté de parler de la beauté dans le monde. On parlait de l’importance de dire aux gens ce qu’on aime chez eux: si on aime travailler avec eux, si on aime discuter avec eux, ou même juste des petits compliments comme le choix d’un vêtement ou dire aux gens qu’ils sont beaux. C’est bizarre comment, en général, on a tous plus de facilité à dire des critiques que des compliments.

C’est sûr que c’était pas un gars parfait. Ceux qui le connaissait le savent. Ceux qui ont joué avec lui à des jeux online le savent aussi. Il pouvait être pas mal chialeux sur certains sujets. Mais rien de particulièrement alarmant. Il suffisait de changer de sujet pour retrouver le gentil Fred.

On entend des fois les gens dire, quand un de leurs proches meurt à cause d’un suicide, qu’ils avaient perçu des signes mais qu’ils n’ont rien fait parce qu’ils pensaient que c’était pas grave. Mais pour moi c’est réellement une surprise. J’aurais jamais pu même imaginer qu’il allait faire ça.

Est-ce que c’est parce qu’il ne m’en parlait pas? Ou parce qu’il était encore correct les dernières fois qu’on s’est parlé? Ou parce que c’est moi qui a été aveugle aux signes? Peu importe. C’est malsain de penser comme ça alors j’évite de le faire.

***

Parfois, mon cerveau me joue des enregistrements de sa voix. Je l’entend dans ma tête. Je vois sa face. J’entends les phrases qu’il disait. Sa manière de dire «bon». Ou «comment c’qui va?». Ou «prend soin de toi Francis.» Ou «ciao!». Il avait un beau sourire et beaucoup d’empathie.

Je vais m’ennuyer. C’est sûr.

***

Cette nouvelle arrive pour moi à un bien mauvais moment. J’ai eu une autre mauvaise nouvelle cette semaine, plus proche de moi et plus proche du cœur, qui m’a aussi causé une grande tristesse. Alors ouais, la semaine a été tough pour moi. J’ai pleuré pas mal. (Fun fact: saviez-vous que la reconnaissance vocale de Siri est assez bonne pour fonctionner même si on a la voix toute brisée?) J’ai encore les émotions instables, mais ça va beaucoup mieux. Y’a rien comme un gros drame pour te faire oublier tes autres petits drames. Et j’ai la chance d’avoir plusieurs personnes à qui parler de tout ça.

Et donc ce matin, en lien avec tout ça, mon jukebox mental m’a ressorti la chanson Silver Lining de First Aid Kit.

Lien Spotify, Apple Music.

J’ai voulu comprendre ce que les paroles voulais dire donc je suis allée chercher un peu sur Internet. Je suis tombé sur un texte qui analyse les paroles et c’était très beau. Je vous encourage vraiment à le lire (archive). C’est court.

En gros, la chanson parle de comment c’est difficile mais pas impossible de passer par dessus les épreuves de la vie, quand on pense que tout va mal. Comment il faut parfois trouver des gens qui vont nous aider à sortir de notre tourment, nous faire sortir de chez nous et nous faire passer un bon moment, pour faire oublier nos difficultés ne serait-ce que pendant un moment.

I don’t want to wait anymore
I’m tired of looking for answers
Take me some place where
There’s music and there’s laughter

J’aime comment la voix de la chanson mentionne qu’elle a des difficultés et, en parlant à une autre personne, demande de la rassurer, de lui montrer les bons côtés de la situation.

I’ve woken up in a hotel room, my worries as big as the moon
Having no idea who or what or where I am
Something good comes with the bad
A song’s never just sad
There’s hope, there’s a silver lining
Show me my silver lining
Show me my silver lining

Si vous voulez en lire plus, je vous encourage vraiment à aller lire la petite analyse des paroles (archive). C’est très touchant.

***

La première fois que j’ai entendu cette chanson, c’était dans le générique de fin du dernier épisode de Tales from the Borderlands. La musique, qui oscille entre tristesse, espoir et mélancolie, donnait un bon ton à la fin de cette série. (Le jeu est vraiment bon en passant. Vous devriez y jouer!)

Mon ami Fred, comme tout être humain, oscillait lui aussi entre beaucoup d’émotions. Je vais m’ennuyer de toi, Fred.

There’s hope, there’s Silvergunn.

Dresser le Vortex

Ça doit vous arriver à vous aussi: vous ouvrez votre téléphone pour envoyer un petit message ou même juste pour regarder l’heure, mais une notification attire votre attention et vous oubliez ce que vous êtes venu faire. Moi ça m’arrive tout le temps. Je peux perdre des heures à sauter d’une notification à l’autre, d’une app à l’autre, à lire des articles, écouter des vidéos, répondre à des conversations. Bref, perdre des journée entière à gosser sur l’internet.

Et évidemment, qui dit perte de contrôle de son temps dit aussi anxiété, culpabilité, et tous les autres sentiments négatifs qui viennent avec.

Bulle de message texte avec pastille de notifications

Les chercheurs en UX ont commencé à donner un nom à ce phénomène: le Vortex. C’est le nom de la bête qui nous attire et nous garde prisonnier. Le vortex chronophage qui captive notre attention et nous font perdre le contrôle.

Les fabriquants d’apps connaissent bien ça. Ils font exprès après tout. Ils veulent qu’on reste dans leur application et qu’on l’utilise le plus longtemps possible, pour qu’on voit le plus de pubs possible! Je connais bien ça vu que je travaille dans le domaine.

En réponse, les Apple et Google ont essayé de nous donner des outils pour résister au vortex. C’est dans leur intérêt parce que si on vient à perdre confiance ou avoir peur de nos téléphones, ils vont en vendre moins! Comme des vendeurs de drogue qui veulent pas que tu fasses une overdose mais que tu continue d’acheter. Les récentes versions d’iOS et Android ont des outils pour dresser le vortex: information sur combien de temps on a passé chaque jour, possibilité de se mettre des limites pour chaque catégorie d’apps, etc.

Mais c’est encore nettement insuffisant. Bloquer l’app de facebook ne t’empêche pas d’y accéder par le browser par exemple.

Et ça ne permet un blocage que d’application complète. Mais dans la vie, on ne fonctionne pas comme ça. Je reçois des courriels de job et personnels dans la même app. Je reçois des messages texte de mes amis, collègues de job, trucs sérieux et trucs niaiseux dans la même app.

Donc ce que ça prendrait, c’est des catégories pour trier nos contacts. Pouvoir dire: cette personne est un collègue de job, donc je veux pas voir ses messages quand je suis à la maison parce que ça me stress trop. Faire ça ne bloquerait pas mon app de messages au complet. Seulement mes contacts de job.

Dans le fond, c’est similaire au catégories de courriels dans gmail. Les emails de promotions sont dans une catégorie. Les emails de réseaux sociaux sont cachés dans une autre catégorie. Mais c’est encore trop vague. Il faudrait pouvoir trier par personne, pas par app! Et idéalement, pouvoir faire ça globalement sans être obligé de refaire la même configuration dans chaque app qu’on utilise.

Si Apple et Google veulent vraiment nous aider à reprendre le contrôle et dresser le vortex, c’est ce genre d’outils qu’ils devraient nous donner.

Libre arbitre (free will)

Des fois, quelqu’un nous dit quelque chose de tellement nouveau, qu’on n’avait jamais imaginé, et on est complètement choqué. On résiste à cette nouvelle idée, en se disant que c’est probablement faux.

D’autre fois, une idée complètement nouvelle et choquante nous prend par surprise, mais en même temps, on l’accepte immédiatement comme une évidence.

Aujourd’hui j’ai eu cette expérience. J’écoutais cet épisode du podcast de This American Life:

Where there is a will – Act 2: Life is a coin with one side

Dans ce segment, David Kestenbaum explique qu’il ne croit pas en la notion de libre arbitre (en anglais: « free will »). Et…. je sais pas, je pense que j’aurais dû être choqué? Résister un peu? Être incrédule? Mais non. J’ai accepté cette idée sans aucune résistance, comme si c’était une évidence que je savais depuis toujours. Même si je n’avais jamais pensé à ça ou même entendu cette idée auparavant.

En même temps, les arguments sont quand même solides. Notre cerveau est quand même juste un gros moton de cellules (neurones), qui sont elles même un gros moton d’atomes. Et les atomes, ça bouge de façon très prévisible, régi par 4 règles très strictes de physique élémentaire, qui sont la fondation de tout mouvement dans l’univers. Donc nos neuronnes fonctionnent ou « bougent » exactement de la même façon que tout le reste dans l’univers. Nos pensée ne peuvent pas influencer sur ça! On aimerait bien croire que nous, humains, sommes supérieurs à tout ça, que notre cerveau est plus complexe… Mais non. On n’échappe pas aux lois de la physique.

Obey gravity! It's the law!
Obéissez à la gravité, c’est la loi!

Et, ok, on peut penser que les atomes c’est trop petits et trop loin de nous. Que peut-être il y a des choses entre les atomes et nos pensées qui viennent influencer. Une sorte de force divine. Le pouvoir de notre intellect supérieur! Mais en fait, notre cerveau est super prévisible! Et on peut le voir dans certaines situations. Les gens qui ont un accident et qui perdent temporairement la mémoire ont cette expérience où ils vont répéter en boucle les mêmes 5 minutes de leur vie. Ils vont poser les mêmes questions, répondre les mêmes choses, à chaque 5 minutes, pendant des heures et des heures! Si les inputs sont les mêmes, ils réagissent exactement pareil. Aux mots près! Le nom officiel c’est « Transient Global Amnesia ». Et ils en parlent plus en détails dans cet épisode de Radiolab (à 7m25s). C’est comme si leur cerveau était une machine programmée à répondre exactement de la même manière à certains stimulis. Comme une calculatrice qui donne toujours le même résultat si on rentre les mêmes nombres.

Alors ouais. Personnellement, je suis convaincu. Sans la moindre hésitations. On n’a aucun contrôle sur nos pensées et c’est tout. Quand on pense qu’on contrôle nos pensées ou qu’on se force à changer d’idée, c’est quand même juste nos mêmes neurones et nos mêmes atomes qui ont déclenché la réaction en chaîne qui nous a fait penser et décidé ça. On est des robots qui agissent selon comment notre cerveau a été programmé. Et notre cerveau a été programmé par notre biologie, notre éducation et notre environnement.

Et là on peut se dire, wow, si ma vie est contrôlée par les atomes de mon cerveau, maintenant que je le sais, ça va tout changer! Mais genre…. non? Pas tant? Oui, ça semble gros, mais au final, ça change pas grand chose à notre quotidien. Ça ne va pas changer la société ou nos relations ou nos lois parce que c’est pas comme si on allait réussir à convaincre tout le monde que c’est comme ça que ça marche. Alors on va continuer à vivre comme si de rien n’était. On va maintenir l’illusion en place. Et c’est tout.

***

Ce matin, quand je vais choisir mon chandail pour la journée, je vais faire exprès de ne pas prendre celui que j’aurais normalement pris (le premier de la pile!) Je vais me rebeller contre les automatismes!! ……. mais dans le fond, ça c’est juste parce que mon cerveau est programmé à être rebel et indépendant. À faire le contraire de ce qu’on lui oblige!

Donc… entièrement prévisible! 😀

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Si ça vous intéresse, vous devriez écouter l’épisode de This American Life. Ils rentrent un peu plus en profondeur dans les considérations éthiques et sociales.

Moins de facebook, plus de contacts humains

Ça fait environ 6 mois maintenant que j’ai lâché Facebook et Twitter (et Instagram aussi, mais ça j’y allais déjà pas souvent). Ou du moins, que je fais activement des efforts pour ne plus y aller. Et laissez-moi vous dire: ils le savent que j’essaye de quitter! Ils ont redoubler d’efforts pour essayer de me garder. Ils m’envoient des notifications pour tout et n’importe quoi. Twitter en particulier: ils remplissent mon fil de notification avec des fausses notifications, juste pour me dire que « untel à aimé ce tweet ». C’est genre rendu comme un mini fil twitter, mais dans mon fil de notifications. Sérieux là!

Et évidemment ça marche. Je regarde presque plus mon fil principal, mais d’habitude je regarde mes notifications. Alors maintenant je dois faire attention de ne plus trop les regarder non plus. Et juste focusser sur les vrais notifs (genre les gens qui m’écrivent). Sauf que celles-là, il n’y en a presque plus parce que je ne poste jamais rien ou presque donc je reçois peu de réponses ou de nouveau abonnés. Donc rendu là, aussi ben pu y aller pentoute. Et c’est ça que j’ai fait. J’ouvre facebook 1-2 fois par semaine max, twitter pas beaucoup plus. Je résiste à la tentation!

Mon objectif dans tout ça est de reconnecter avec la réalité. Reprendre contact avec les gens en direct plutôt qu’en criant sur les internet. Je parle directement à mes amis par chat. J’appelle les gens importants (ma mère, mon père, ma grand-mère…). J’invite mes amis à aller prendre un thé ou déjeuner. Je pratique mes skills de conversations et je découvre que je suis pas aussi mauvais que je pouvais le croire. Tout ça, je faisais jamais ça avant, mais là je me force un peu et c’est une bonne chose.

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Si vous voulez m’accompagner dans mon chemin sans facebook ni twitter, vous pouvez me jaser par texto sur Signal, Telegram, Discord et Line. Ou sur mastodon. Les liens sont sur ma page contact.