Un militaire s’ouvre

(Note: post original)

En retournant à la maison tantôt, j’ai écouté un podcast de This American Life comme je fais très souvent. C’était cet épisode, et ce chapitre:

This American Life: Once more, with feelings : Act II

Le gars, un ex-militaire, parle de comment, après être revenu de la guerre en Irak dans les années 2000, il s’est vite rendu compte qu’il ne pouvait pas vraiment parler des horreurs de la guerre à ses amis. Les gens lui posaient des questions, mais il ne pouvait pas vraiment répondre la vérité, parce que c’était tellement choquant que les gens ne savaient plus comment réagir et ça créait un malaise à chaque fois. Alors il a changé sa stratégie. Il s’est mis à raconter seulement les histoires drôles de son expérience. Les petites anecdotes anodines, les jokes de pets, etc…

Et pendant un temps, ça a bien fonctionné. Les gens riaient. Il n’y avait plus de malaise.

Mais sa blonde a commencé à se rendre compte, après plusieurs années, que c’était toujours les mêmes quelques histoires. Que les gens posaient des questions et il bifurquait souvent la question en racontant une autre histoire drôle. Pire, parfois, sous la fatigue ou l’alcool, il laissait parfois tomber son front et se mettait à crier, en pointant du doigt dans la face de ses amis, qu’ils «ne pouvaient pas comprendre».

Et c’était vrai. Personne ne pouvait comprendre. Il n’avait plus fait l’effort d’essayer d’expliquer depuis longtemps. Et on peut le comprendre: Statistiquement, il y a de moins en moins de gens qui vont servir dans la guerre — ce qui est une bonne chose à mon avis — mais qui cause des difficultés additionnelles aux militaires qui reviennent, parce qu’ils ont peu de gens à qui parler de leurs souvenirs, des gens qui ont vécus ça eux aussi et qui pourront comprendre.

Alors il a changé sa tactique à nouveau. Il s’est mis à mieux évaluer le contexte de ses conversations pour déterminer les moments où c’était approprié d’être plus sérieux. Et ses bons amis l’ont suivit. Au lieu d’être choqués, ils l’ont seulement…. écouté. Sans juger.

Et ça, je trouve ça vraiment beau.

Des fois, on parle à nos amis, on leur raconte nos problèmes, et leur premier réflexe est d’essayer de trouver des solutions, ou pire, de juger la situation, les gens de qui ont parle, ou soi-même. Bref, ils essaient de s’impliquer et d’apporter leurs points de vue. Et c’est correct, en général, mais des fois, ce serait donc bien si ils pouvaient parler un peu moins, écouter plus, et essayer de comprendre. Et je le sais, là je dis ça, et je suis pas toujours le meilleur à faire ça. Mais au moins j’essaye fort et je pense que je me suis amélioré dans les dernières années.

Alors de savoir que ça existe, des gens qui savent écouter sans juger, comme l’ami de ce militaire l’a fait, juste en le regardant dans les yeux sans parler, ben je trouve ça beau. Tant mieux que ça existe! Mais probablement aussi qu’il n’y en a pas assez. Normalement, tout le monde devrait être capable de faire ça. Suffit d’un peu d’efforts.

Je vais continuer à y mettre mes efforts. Allez-vous en faire autant?

Ça serait une bonne résolution pour 2019!

(Parenthèse: Perso, moi ma résolution pour 2019, c’est le contraire. C’est d’être capable de m’ouvrir un peu plus et de parler de mes problèmes quand j’en ai plutôt que tout garder en dedans. À date, je pense que j’ai bien commencé l’année sur ce point.)

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